FELIX LEFFRANK

Felix Leffrank (DE)
“Juvenilia”
Tableaux, acrylique sur toile, 2018

«Juvenilia»
Video, 2018

FR

En collaboration avec des artistes d’ages différents, des amateurs d’art et le Centre Social Jean Moulin, Felix Leffrank a organisé le projet «Juvenilia» pendant son séjour de 4 semaines à Bergerac. Dans l’espace du 5, rue d’Albret, Il présente six peintures réalisées en collaboration avec Nassim Nasser, 14 ans. L’univers enfantin des idées est représenté dans un style graphique et une réduction aux 4 couleurs de base. Dans un atelier lyrique et théorique, Felix Leffrank a développé un discours avec Nadine Devine, 68 ans, influencé par les théories actuelles de l’art et les images de l’exposition.
Felix Leffrank (Wertheim, 1987) est spécialisé dans ce que l’on appelle média art. On peut décrire son travail comme étant un mélange de vidéo et de performance dans lequel il interagit de manière directe et transparente avec les personnes ou les objets qu’il représente à travers ses oeuvres. Il se place très souvent dans l’image, proche du réalisateur dans la scène pour réfléchir à l’état psychologique et social du réalisateur. Il travaille intensément avec la caméra et s’intéresse aux nouvelles formes de vie sociale qui se développent autour de la caméra. Une chose qui se dénote dans sa façon de travailler et de diriger est l’effet catalytique d’une caméra qui tourne.

Dans l’espace 5 rue d’Albret, Felix Leffrank, après six mois de préparation a tourné le court métrage «Juvenilia» en 4 semaines et en collaboration avec des acteurs de Bergerac. En plus du film, il présente 6 peintures qui jouent un rôle dans le film mais qui ont également été présentées comme une exposition indépendante lors du vernissage de Passage.
Au début du film, nous voyons des poules en train de ruiner un pique-nique. Gourmandes avec leurs sons drôles, elles donnent le ton au film. Avec ces animaux, Felix Leffrank se réfère à une formule de naïveté avec laquelle Marcel Proust décrit dans “À la recherche du temps perdu» le son des lieux de son enfance : «Pontorson, risibles et naïfs, plumes blanches et becs jaunes éparpillés sur la route de ces lieux fluviatiles et poétiques».
Comme Proust doute déjà de ses souvenirs dans le paragraphe suivant, cette exposition présente des tableaux comiques et naïfs, prétendument peints par un jeune de 14 ans qui n’est en réalité qu’une construction de naïveté.
Nassim Nasser joue un jeune artiste qui capture ses rêves en images, alors que dans sa classe, des choses se passent sans qu’il y participe. Ses camarades de classe parlent de ce qui fait un vrai artiste, ils interprètent les règles et les normes des adultes d’une manière enfantine et candide, mais ces règles continuent de façonner leur image du monde. Plus tard, la professeure de Nassim l’oblige à peindre six tableaux en punition d’un délit qui reste flou dans le film. Par la suite, l’enseignante organise une exposition avec ces même toiles. Pour mettre en scène cette exposition, Felix Leffrank utilise le public réel du vernissage de Passage qui, sans le savoir, devient figurant dans le film. Nadine Devine fait un discours dans cette exposition qui n’a rien à voir avec le style des images, cependant, avec distance, ce qui est présenté avec sérieux garde une forme des naïveté.

EN

In collaboration with artists of different ages, art lovers and the Jean Moulin Social Center, Felix Leffrank organized the project «Juvenilia» during his stay of 4 weeks in Bergerac. In the space of 5, rue d’Albret, he presents six paintings made in collaboration with Nassim Nasser, 14 years old. The childish universe of ideas is represented in a graphic style and reduced to the 4 basic colors.
In a lyrical and theoretical workshop, Felix Leffrank developed a discourse with Nadine Devine, 68, influenced by the current theories of art and the images of the exhibition.
Felix Leffrank (Wertheim, 1987) specializes in so-called media art. His work can be described as a mix of video and performance in which he interacts directly and transparently with the people or objects he represents through his works. He is very often in the image, as a director in the scene to reflect on the psychological and social state of the movie director. He works intensely with the camera and is interested in new forms of social life that develop around the camera. One thing that stands out in his way of working and directing is the catalytic effect of a camera.

In the space at 5 rue d’Albret, Felix Leffrank, after six months of preparation shot the short film «Juvenilia» in 4 weeks and in collaboration with actors from Bergerac. In addition to the film, he presents 6 paintings that play a role in the film but which have also been presented as an independent exhibition during the opening of Passage.
At the beginning of the film, we see hens ruining a picnic. With their funny sounds, they set the tone of the film. With these animals, Felix Leffrank refers to a naive formula which Marcel Proust describes in his book «In Search of Lost Time» the sound of the places of his childhood: “Pontorson, laughable and naive, white feathers and yellow beaks scattered on the road of these
fluviatile and poetic places”. As Proust already doubts from his recollections in the following paragraph, this exhibition presents comic and naive paintings,
supposedly painted by a 14-year-old which are in reality only a construction of naivety. Nassim Nasser plays a young artist who captures his dreams in paintings, while in his class, things happen without him participating. His classmates talk about what makes a true artist, they interpret the rules and norms of adults in a childish and candid way, but these rules continue to shape their appreciation of the world. Later on, Nassim’s teacher forces him to produce six paintings as a punishment for something that remains unclear in the film. Thereafter, the teacher organizes an exhibition with these same paintings. To stage this exhibition, Felix Leffrank uses the real public of Passage’s opening which, without knowing it, becomes included in the film. Nadine Devine gives a speech in this exhibition that has nothing to do with the style of images, however, with distance, what is presented seriously keeps a form of naivety.

4/5 paintings of the “Juvenilia” series. 50×70 cm, acrylic on canvas, 2018, by Nassim in the movie, and by Felix Leffrank in reality.
Opening Speech of the painting exhibition “Juvenilia” / last scene of the movie “Juvenilia” by felix Leffrank.
Projection of the movie “Juvenilia” in the painting exhibition space of “Juvenilia” by Felix Leffrank.
Exhibition view, projection of the film “Juvenilia” in the painting exhibition space of “Juvenilia” by Felix Leffrank.
Shooting of the short movie “Juvenilia” by Felix Leffrank.
Movie still from “Juvenilia” by Felix Leffrank.
Movie still from “Juvenilia” by Felix Leffrank.
Movie still from “Juvenilia” by Felix Leffrank.